lundi 14 août 2017

[TEST] The Game, ou "Le Jeu"



The Game  
Ou, comme diraient nos amis Québecois : Le Jeu !

Voici un nouveau billet sur mon blog, ça arrive des fois. Il est issu des articles parus précédemment dans le magazine Amiga=Power. Ces articles sont déjà disponibles, ou le seront sous peu, sur le site Obligement, la référence mondiale en terme d'articles/dossiers/tests et autres concernant l'Amiga.

Vous n'êtes pas à l'abri de voir d'autres articles publiés sous peu... ou pas... ^^


Les sorties de nouveaux jeux originaux sur nos Amiga Classics adorés deviennent une bonne habitude que l'on ne voudrait pas voir disparaître. Au moment où ses lignes sont écrites, j'ai pu recenser trois nouveaux jeux dont celui dont je vais vous parler mais aussi "Boxx 2" ou bien encore "Maxwell Mouse And The Missing Game Mystery". On peut noter aussi que certains portages continuent d'arriver comme "Sqrxz 3", tout fraîchement débarqué sur Amiga OCS/ECS. Ne boudons pas notre plaisir de mettre de nouvelles disquettes ou d'installer de nouveaux slaves WDHLoad sur nos vénérables ancêtres et testons celui qui a le nom à la fois le plus explicite et le moins parlant du groupe, j'ai nommé "The Game".
 

Présentation de la bête

Développé par David "jayminer" Eriksson en AMOS Pro, "The Game" est un jeu qu'il avait commencé il y a quelques années mais dont il avait stoppé le développement suite à divers problèmes d'affichage rencontrés sur un A1200 de base. Il a toutefois décidé tout récemment, début juin 2015, de nettoyer/corriger ce qui pouvait l'être et de mettre son jeu à disposition de tous.


Pour le moment en version 0.95, le jeu est entièrement jouable et peut être terminé, mais il n'y a pas de véritable fin, juste une pièce dédiée qui indique "Well Done" ("Bien joué" quoi).
Mais comme le dit l'auteur, le jeu n'est pas terminé et ce, sur plusieurs points dont l'histoire ou bien encore le nom du jeu, d'où ce nom générique et du coup l'absence de véritable écran titre.

Il s'agit d'un jeu de plate-forme/exploration où l'objectif principal est de récupérer les étoiles qui apparaissent ici et là dans les différents endroits du monde. Pourvu d'un nombre de vie illimité, notre avatar pourra également récupérer de nouvelles capacités qui lui permettront d'aller attraper des étoiles qui lui étaient auparavant inaccessibles.

Le jeu est disponible en archive lha. Il vous suffira de désarchiver cette dernière où bon vous semblera puis de double-cliquer sur l’icône dédié au jeu pour le lancer. Une version ISO pour CD32 est également disponible mais je vous invite à attendre la version finale avant de cramer un CD vierge, à moins que vous ayez un stock sous la main. À noter que le jeu fonctionne parfaitement sur un 1200 de base ou étendu, sur une CD32, ou même en émulation, mais il s'avère qu'il y a des ralentissement sur A500/A600 (mais je vous avoue ne pas avoir poussé le vice jusqu'à rallumer mon 500 pour tester).


La gueule de l'emploi !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que de prime abord, "The Game" n'attire pas l’œil même si je vous avouerais qu'il m'a bien plu à moi. Ces graphismes ont un petit air de jeu de plate-forme Amstrad CPC. Il me fait aussi penser à "Turbo Lode", si vous avez connu ce jeu, et sinon je vous invite à le tester de toute urgence
(voir sur le site de ce remake 3D pour des captures d'écran des 2 opus de Turbo Lode et les liens de téléchargement).

Mais ce qui compte le plus dans un jeu de plate-forme comme celui-ci, c'est la jouabilité et il faut bien avouer que le petit gugus que l'on dirige répond au doigt et à l’œil, même si ça fait mal d'appuyer sur la manette avec l’œil...

Les musiques quant à elles sont "géo-localisées" et changent par conséquent en fonction de l'endroit où vous vous trouvez. À noter que David cherche de bonnes âmes pour lui composer quelques musiques en .mod pour remplacer celles qu'il a déjà, même si je trouve pour ma part qu'elles collent plutôt bien à l'univers.

Pour revenir sur l'aspect graphique du jeu, je vais laisser la parole à David qui est revenu sur ses choix dans le fil de discussion dédié à son jeu dans le forum "English Amiga Board" : 

J'ai choisi de ne pas utiliser de bob du tout, me limitant à la place à des sprites, avec un maximum de 8 sprites par écran (en 3 couleurs) et d'aller vers une apparence rétro afin de rendre le jeu le plus rapide possible. Je voulais en effet le faire tourner à pleine vitesse sur un 68000, ce qui n'est malheureusement pas le cas.


Et en jeu, ça donne quoi ?

D'apparence assez simple puisqu'il suffit de courir, sauter et attraper les étoiles, le jeu ne vous permet pas de tuer vos ennemis que vous devrez obligatoirement esquiver. De plus et comme dit
plus haut, le jeu n'a ni une carrure de mannequin ni de sportif professionnel... Mais il se démarque toutefois par sa jouabilité infaillible et son level design (sa conception des niveaux en bon français) retors à souhait. Profitant des vies illimités, David a en effet eu la bonne idée de faire des pièces à la difficulté quasi infranchissable mais qui, une fois passée, donne la satisfaction du devoir accompli. Je pense qu'il s'est inspiré de jeux comme "Super Meat Boy" ou "VVVVVV", des jeux de plate-formes indépendants plus ou moins récents mais à la difficulté savamment dosée. Autre point commun avec ces jeux, des checkpoints (ou point de passage) nombreux qui permettent de retenter instantanément le passage délicat que l'on vient de foirer de manière monumentale, et le tout sans temps de chargement !



The Conclusion 

Grâce à son challenge relevé et sa reprise instantanée, le jeu devient très vite addictif et les parties s'enchaînent les unes derrières les autres sans que l'on s'en rende compte et c'est là la force des grands jeux, en tout cas à mon sens. C'est donc un grand oui pour ma part et je dois vous avouer que je classe ce The Game dans le haut du panier de mes jeux 2015, tout support confondu ! Un grand merci à son auteur d'avoir partagé avec nous le fruit de son labeur qu'il aurait été dommage de laisser dormir dans le coin d'un disque dur. Et vivement la version 1.0, que je me le grave pour ma CD32 !


Site internet : http://driar.se/thegame/


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/me a bien aimé ce "The Game", dommage toutefois que la v1 ne soit toujours sortie à ce jour...



Billet posté le 14 août 2017 (écrit le 20 juillet 2015)
(paru initialement dans le n°56 d'Amiga=Power)

mardi 31 janvier 2017

[AMIGA] E-UAE is magJIT !


E-UAE is magJIT !
Et Álmos est le prestidigitateur !

Vous ne le savez peut-être pas, mais les “nouveaux” Amiga sont compatibles avec les logiciels qu’on trouvait sur les Amiga des années 80-90, mais de manière partielle puisque tous ceux utilisant les puces spécialisées des Amiga ne peuvent pas fonctionner, la faute à l’absence de ces dernières dans les AmigaOne, Sam, Pegasos ou autres Macintosh PPC (les trois premiers faisant fonctionner AmigaOS 4, les trois derniers faisant fonctionner MorphOS, oui, le Pegasos dans sa version II permet de faire fonctionner AmigaOS 4 et MorphOS, tout comme la Sam460, et bientôt l’AmigaOne X5000 devrait aussi réussir cet exploit). Pour pallier à cela, et permettre de jouer à tous les jeux de la ludothèque Amiga, puisque la très grande majorité des jeux utilisaient ces puces dédiées, il nous faut par conséquent utiliser un émulateur, à savoir E-UAE, un dérivé de WinUAE, performant mais qui avait quand même ses limites. Cependant, grâce à Álmos “Rachy” Rajnai, notre E-UAE PPC, à l’instar de son grand frère Windowsien, s’est lui aussi doté d’un JIT (qui signifie “Just In Time”). Ce JIT recompile en fait à la volée des parties du code émulé pour le transformer en code PPC dans le cas présent, ce qui accélère grandement les choses, et c’est peu de le dire.



Un peu d’Histoire !

L’émulation de l’Amiga par d’autres machines était une vaste plaisanterie, du fait des puces dédiées qui compliquaient largement la tâche, pas seulement des développeurs, mais surtout des machines qui essayaient de l’émuler puisqu’il fallait des machines surpuissantes, qui n’existaient pas alors, pour que cela fonctionne à peu près correctement. Je vous parle ici du début/milieu des années 90. Mais voilà, avec l’avènement des machines dépassant les centaines de MegaHertz, la mémoire qui continuait elle aussi d’enfler dans les configurations PC, ce qui devait arriver arriva et les émulateurs Amiga ont commencé à se creuser un trou (à l’époque, WinUAE était déjà là, mais Fellow était aussi de la partie). L’arrivée du JIT dans WinUAE a ensuite permis à toutes les configurations plus ou moins modestes de pouvoir faire fonctionner correctement la majorité des jeux Amiga… Ça y était, un PC du Carrouf’ du coin pouvait faire tourner les jeux Amiga… Pour concurrencer ces émulateurs, un autre émulateur proposait l’originalité de ne pouvoir lancer que les applications n’utilisant pas les puces dédiées et de pouvoir aussi exécuter du code Amiga compilé en x86 (qui est, rappelons le, le processeur de chez Intel et AMD que l’on retrouve dans les PC, alors que le processeur de l’Amiga était de la famille des 680x0, de chez Motorola) tout en possédant lui aussi un JIT : Amithlon. Celui-ci aurait pu devenir un environnement viable, même s’il était cantonné à AmigaOS 3.1 (du moins au départ), mais des mésententes et diverses engueulades en viendront à bout…

Finalement, l’Amiga connaîtra un renouveau avec la sortie du Pegasos et de son système MorphOS, puis avec la sortie de l’AmigaOne et d’AmigaOS 4. Ces deux systèmes, à l’instar d’Amithlon, ne pouvaient lancer que les applications “propres” (qui n’utilisent pas les puces) mais avaient aussi l’avantage d’évoluer et de proposer des nouveautés. Mais comme les machines n’étaient pas des super-calculateurs, même si elles étaient relativement véloces pour l’époque (600 MHz pour le G3 du Pegasos I par exemple, qui passera à 1 GHz pour le G4 du Pegasos II qui aura en plus l’Altivec), l’émulateur Amiga UAE permettait de faire tourner ces vieux jeux de manière honnête mais il ne fallait pas s’attendre à lancer des jeux pour Amiga 1200 un peu boosté, voire certains jeux Amiga 1200 de base.



Petit à petit, les machines accueillant AmigaOS 4 et MorphOS ont pris de la vitesse, mais l’émulation Amiga était toujours un peu juste, il manquait toujours un petit quelque chose… Et ce petit quelque chose, c’était le JIT. Disponible pour les possesseurs d’ordinateurs à base de x86, ce JIT x86 ne pouvait malheureusement pas être réutilisé puisqu’il était et est toujours spécifique à ce type de processeur, qui ne fonctionne pas du tout de la même façon que les PPC, qui eux font fonctionner les AmigaOne et autres… Et si MorphOS et AmigaOS 4 ont eux aussi un JIT (respectivement Trance et Petunia), ceux-ci ne pouvaient pas non plus être adaptés à UAE (et là, j’avoue que je ne sais pas trop pourquoi, sans doute que le JIT d’UAE ne traite pas uniquement que les données du processeur 68k…). Il fallait par conséquent se relancer dans un développement quasiment de zéro, ce qu’aucun n’a voulu faire même lorsqu’un bounty (une cagnotte faite par les utilisateurs qui revient au développeur qui aura rempli le cahier des charges écrit au préalable) a été créé en 2009. Avec pas loin de 3000 EUR à la clé, personne ne voulait s’y atteler. Il faudra attendre début 2011 pour que Álmos “Rachy” Rajnai se porte “volontaire”.
Initialement prévu pour être terminé fin février 2012, il lui aura finalement fallu près de 4 années pour venir à bout de ce projet titanesque. Álmos avait tout de même un petit avantage par rapport aux autres, il était l’auteur de Petunia, le JIT d’AmigaOS 4 !


Résultats des courses ?

Tout d’abord, sachez que SysInfo, qui permet d’avoir quelques informations sur son Amiga, et qui fait aussi un petit calcul du nombre d’opération à la seconde, donne un processeur 68020 à 10 Mips sans JIT contre un processeur 68020 à 88 Mips avec le JIT ! La différence entre les deux est, par conséquent, déjà plus qu’évidente sur mon PowerBook G4 à 1,67 GHz. Pour ce qui d’un Mac Mini G4 à 1,33 GHz, celui de ACE pour ne pas le citer, il tourne à près de 66 MIPS, ce qui est plus qu’honorable et ce qui rend le tout enfin utilisable.




Autre sentiment, le boot d’un système complet semble nettement plus rapide et surtout l’utilisation du Workbench émulé est d’une fluidité quasi parfaite (j’utilise un Workbench en AGA en 640x480) et surtout bien meilleure qu’avant.

Pour être totalement sûr de mon coup, je lance AlienBreed 3D avec E-UAE sans le JIT… Outch, que c’est lent, je ne sais même pas si j’atteins les 5 FPS… Comparons avec la version JIT… Nom de Zeus ! C’est fluide, probablement pas très loin de 30 FPS ! Et le résultat est encore plus saisissant avec AlienBreed 3D II qui est enfin jouable ! Ce qui est étrange, puisque la DEL (oui Diode Électro Luminescente en bon françois, ou bien LED si vous préférez…) dédiée au JIT reste rouge, ce qui signifie que celui-ci n’est pas activé… Étrange, et surtout tout bonnement incroyable. Le constat se répète avec d’autres FPS comme Breathless. Bien évidemment, le JIT ne permet pas de faire des miracles puisqu’il ne fonctionne qu’avec un processeur 68020 et plus.

De ce fait, les jeux n’utilisant pas ces processeurs ne tirent pas parti du JIT. Malgrè cela, il faut avouer que le JIT apporte un souffle nouveau à l’émulation Amiga sur ordinateurs PowerPC, et notamment sur AmigaOne/Sam/Pegasos/Mac PPC !

Une petite astuce importante à noter : si vous utilisez MorphOS et que vous trouvez que votre E-UAE JIT se traîne, allez télécharger la version compilée par Fabien “Fab1” Coeurjoly qui est disponible sur http://fabportnawak.free.fr ! La différence entre sa version et celle disponible sur le Sourceforge officiel est d’un facteur de 2 ! D’autre part, si vous utilisez un portable sous MorphOS et que vous utilisez la version de Fab1 et que ça continue de se traîner, vérifiez que vous avez bien l’alimentation branchée. En effet, MorphOS gérant assez efficacement l’énergie, il réduit par défaut la puissance utilisable sur les portables qui sont sur batterie. Par conséquent, soit vous allez bidouiller dans les préférences de MorphOS soit vous remettez le fil à la patte de votre portable !


J'ai également testé UAE JIT sur mon Mac Mini, qui est tout de même légèrement overclocké et tourne à 1,75 GHz (il s'agit également de la version qui possède 64 Mo de mémoire vidéo) et les résultats sont identiques à ceux obtenus avec le PowerBook. La sensation de vitesse est là aussi bien présente mais il faut reconnaître que certains jeux n'aiment pas trop le JIT et se trouvent, aussi étrange que cela puisse paraître, plus lent ou avec des saccades sous UAE JIT et tournent parfaitement avec la version sans JIT (je pense notamment à SlamTilt). Pour ce qui est de SysInfo, le nombre de MIPS obtenu est proche de celui obtenu avec le PowerBook, à savoir 84,3 en mode fenêtré sans overlay (pour pouvoir faire les captures d'écran) contre 88 pour le PowerBook. Toutefois, le Mac Mini monte à 88 MIPS en plein écran avec l'overlay activé ! Je ne saurais expliqué cela mais c'est un fait intéressant à noter.


Le mot de la fin !

Comme écrit en titre, UAE est désormais magJIT, voire magique avec le JIT ! C’est désormais un vrai plaisir d’utiliser son Amiga émulé sous MorphOS. Personnellement, j’ai réinstallé un OS 3.1 de base qui se lance sans rien de plus pour pouvoir utiliser iGame et ainsi lancer de manière “transparente” les jeux WHDLoad notamment.
J’ai aussi installé les scripts Ambient disponibles dans l’archive d’E-UAE MorphOS afin de simplifier toujours plus le lancement d’ADF ou autres exécutables 680x0 !


En plus de ces scripts qui me permettent de lancer UAE de manière "invisible", j'ai aussi créé des icones qui me lancent les configurations souhaitées afin d'arriver sur le WB de mon choix (dont un clone de mon A600 et de son HD de 20 Mo ^^) ainsi que des raccourcis vers les répertoires qui font office de disque dur pour UAE afin d'avoir facilement accès à ceux-ci et de pouvoir y copier facilement mes exécutables et autres. Ce qui est pratique, c'est que la copie de fichiers dans un de ces répertoires/disque dur est immédiate et le fichier est disponible instantanément sous UAE. Royal !

Comme dirait l’autre : “C’est rien que du bonheur !”.


Sites internet :
http://euaejit.blogspot.fr/

Guide d’installation d’E-UAE sur MorphOS, très détaillé (en anglais) : E-UAE_installation_on_MorphOS.pdf (ce guide est aussi valable pour la version
JIT)

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/me a trouvé l'astuce qui lui permet de se connecter à Blogger avec OWB MorphOs ! Youhou !



Billet posté le 31 janvier 2017
(paru initialement dans le n°56 d'Amiga=Power (septembre 2015)