lundi 14 août 2017

[TEST] The Game, ou "Le Jeu"



The Game  
Ou, comme diraient nos amis Québecois : Le Jeu !

Voici un nouveau billet sur mon blog, ça arrive des fois. Il est issu des articles parus précédemment dans le magazine Amiga=Power. Ces articles sont déjà disponibles, ou le seront sous peu, sur le site Obligement, la référence mondiale en terme d'articles/dossiers/tests et autres concernant l'Amiga.

Vous n'êtes pas à l'abri de voir d'autres articles publiés sous peu... ou pas... ^^


Les sorties de nouveaux jeux originaux sur nos Amiga Classics adorés deviennent une bonne habitude que l'on ne voudrait pas voir disparaître. Au moment où ses lignes sont écrites, j'ai pu recenser trois nouveaux jeux dont celui dont je vais vous parler mais aussi "Boxx 2" ou bien encore "Maxwell Mouse And The Missing Game Mystery". On peut noter aussi que certains portages continuent d'arriver comme "Sqrxz 3", tout fraîchement débarqué sur Amiga OCS/ECS. Ne boudons pas notre plaisir de mettre de nouvelles disquettes ou d'installer de nouveaux slaves WDHLoad sur nos vénérables ancêtres et testons celui qui a le nom à la fois le plus explicite et le moins parlant du groupe, j'ai nommé "The Game".
 

Présentation de la bête

Développé par David "jayminer" Eriksson en AMOS Pro, "The Game" est un jeu qu'il avait commencé il y a quelques années mais dont il avait stoppé le développement suite à divers problèmes d'affichage rencontrés sur un A1200 de base. Il a toutefois décidé tout récemment, début juin 2015, de nettoyer/corriger ce qui pouvait l'être et de mettre son jeu à disposition de tous.


Pour le moment en version 0.95, le jeu est entièrement jouable et peut être terminé, mais il n'y a pas de véritable fin, juste une pièce dédiée qui indique "Well Done" ("Bien joué" quoi).
Mais comme le dit l'auteur, le jeu n'est pas terminé et ce, sur plusieurs points dont l'histoire ou bien encore le nom du jeu, d'où ce nom générique et du coup l'absence de véritable écran titre.

Il s'agit d'un jeu de plate-forme/exploration où l'objectif principal est de récupérer les étoiles qui apparaissent ici et là dans les différents endroits du monde. Pourvu d'un nombre de vie illimité, notre avatar pourra également récupérer de nouvelles capacités qui lui permettront d'aller attraper des étoiles qui lui étaient auparavant inaccessibles.

Le jeu est disponible en archive lha. Il vous suffira de désarchiver cette dernière où bon vous semblera puis de double-cliquer sur l’icône dédié au jeu pour le lancer. Une version ISO pour CD32 est également disponible mais je vous invite à attendre la version finale avant de cramer un CD vierge, à moins que vous ayez un stock sous la main. À noter que le jeu fonctionne parfaitement sur un 1200 de base ou étendu, sur une CD32, ou même en émulation, mais il s'avère qu'il y a des ralentissement sur A500/A600 (mais je vous avoue ne pas avoir poussé le vice jusqu'à rallumer mon 500 pour tester).


La gueule de l'emploi !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que de prime abord, "The Game" n'attire pas l’œil même si je vous avouerais qu'il m'a bien plu à moi. Ces graphismes ont un petit air de jeu de plate-forme Amstrad CPC. Il me fait aussi penser à "Turbo Lode", si vous avez connu ce jeu, et sinon je vous invite à le tester de toute urgence
(voir sur le site de ce remake 3D pour des captures d'écran des 2 opus de Turbo Lode et les liens de téléchargement).

Mais ce qui compte le plus dans un jeu de plate-forme comme celui-ci, c'est la jouabilité et il faut bien avouer que le petit gugus que l'on dirige répond au doigt et à l’œil, même si ça fait mal d'appuyer sur la manette avec l’œil...

Les musiques quant à elles sont "géo-localisées" et changent par conséquent en fonction de l'endroit où vous vous trouvez. À noter que David cherche de bonnes âmes pour lui composer quelques musiques en .mod pour remplacer celles qu'il a déjà, même si je trouve pour ma part qu'elles collent plutôt bien à l'univers.

Pour revenir sur l'aspect graphique du jeu, je vais laisser la parole à David qui est revenu sur ses choix dans le fil de discussion dédié à son jeu dans le forum "English Amiga Board" : 

J'ai choisi de ne pas utiliser de bob du tout, me limitant à la place à des sprites, avec un maximum de 8 sprites par écran (en 3 couleurs) et d'aller vers une apparence rétro afin de rendre le jeu le plus rapide possible. Je voulais en effet le faire tourner à pleine vitesse sur un 68000, ce qui n'est malheureusement pas le cas.


Et en jeu, ça donne quoi ?

D'apparence assez simple puisqu'il suffit de courir, sauter et attraper les étoiles, le jeu ne vous permet pas de tuer vos ennemis que vous devrez obligatoirement esquiver. De plus et comme dit
plus haut, le jeu n'a ni une carrure de mannequin ni de sportif professionnel... Mais il se démarque toutefois par sa jouabilité infaillible et son level design (sa conception des niveaux en bon français) retors à souhait. Profitant des vies illimités, David a en effet eu la bonne idée de faire des pièces à la difficulté quasi infranchissable mais qui, une fois passée, donne la satisfaction du devoir accompli. Je pense qu'il s'est inspiré de jeux comme "Super Meat Boy" ou "VVVVVV", des jeux de plate-formes indépendants plus ou moins récents mais à la difficulté savamment dosée. Autre point commun avec ces jeux, des checkpoints (ou point de passage) nombreux qui permettent de retenter instantanément le passage délicat que l'on vient de foirer de manière monumentale, et le tout sans temps de chargement !



The Conclusion 

Grâce à son challenge relevé et sa reprise instantanée, le jeu devient très vite addictif et les parties s'enchaînent les unes derrières les autres sans que l'on s'en rende compte et c'est là la force des grands jeux, en tout cas à mon sens. C'est donc un grand oui pour ma part et je dois vous avouer que je classe ce The Game dans le haut du panier de mes jeux 2015, tout support confondu ! Un grand merci à son auteur d'avoir partagé avec nous le fruit de son labeur qu'il aurait été dommage de laisser dormir dans le coin d'un disque dur. Et vivement la version 1.0, que je me le grave pour ma CD32 !


Site internet : http://driar.se/thegame/


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/me a bien aimé ce "The Game", dommage toutefois que la v1 ne soit toujours sortie à ce jour...



Billet posté le 14 août 2017 (écrit le 20 juillet 2015)
(paru initialement dans le n°56 d'Amiga=Power)

mardi 31 janvier 2017

[AMIGA] E-UAE is magJIT !


E-UAE is magJIT !
Et Álmos est le prestidigitateur !

Vous ne le savez peut-être pas, mais les “nouveaux” Amiga sont compatibles avec les logiciels qu’on trouvait sur les Amiga des années 80-90, mais de manière partielle puisque tous ceux utilisant les puces spécialisées des Amiga ne peuvent pas fonctionner, la faute à l’absence de ces dernières dans les AmigaOne, Sam, Pegasos ou autres Macintosh PPC (les trois premiers faisant fonctionner AmigaOS 4, les trois derniers faisant fonctionner MorphOS, oui, le Pegasos dans sa version II permet de faire fonctionner AmigaOS 4 et MorphOS, tout comme la Sam460, et bientôt l’AmigaOne X5000 devrait aussi réussir cet exploit). Pour pallier à cela, et permettre de jouer à tous les jeux de la ludothèque Amiga, puisque la très grande majorité des jeux utilisaient ces puces dédiées, il nous faut par conséquent utiliser un émulateur, à savoir E-UAE, un dérivé de WinUAE, performant mais qui avait quand même ses limites. Cependant, grâce à Álmos “Rachy” Rajnai, notre E-UAE PPC, à l’instar de son grand frère Windowsien, s’est lui aussi doté d’un JIT (qui signifie “Just In Time”). Ce JIT recompile en fait à la volée des parties du code émulé pour le transformer en code PPC dans le cas présent, ce qui accélère grandement les choses, et c’est peu de le dire.



Un peu d’Histoire !

L’émulation de l’Amiga par d’autres machines était une vaste plaisanterie, du fait des puces dédiées qui compliquaient largement la tâche, pas seulement des développeurs, mais surtout des machines qui essayaient de l’émuler puisqu’il fallait des machines surpuissantes, qui n’existaient pas alors, pour que cela fonctionne à peu près correctement. Je vous parle ici du début/milieu des années 90. Mais voilà, avec l’avènement des machines dépassant les centaines de MegaHertz, la mémoire qui continuait elle aussi d’enfler dans les configurations PC, ce qui devait arriver arriva et les émulateurs Amiga ont commencé à se creuser un trou (à l’époque, WinUAE était déjà là, mais Fellow était aussi de la partie). L’arrivée du JIT dans WinUAE a ensuite permis à toutes les configurations plus ou moins modestes de pouvoir faire fonctionner correctement la majorité des jeux Amiga… Ça y était, un PC du Carrouf’ du coin pouvait faire tourner les jeux Amiga… Pour concurrencer ces émulateurs, un autre émulateur proposait l’originalité de ne pouvoir lancer que les applications n’utilisant pas les puces dédiées et de pouvoir aussi exécuter du code Amiga compilé en x86 (qui est, rappelons le, le processeur de chez Intel et AMD que l’on retrouve dans les PC, alors que le processeur de l’Amiga était de la famille des 680x0, de chez Motorola) tout en possédant lui aussi un JIT : Amithlon. Celui-ci aurait pu devenir un environnement viable, même s’il était cantonné à AmigaOS 3.1 (du moins au départ), mais des mésententes et diverses engueulades en viendront à bout…

Finalement, l’Amiga connaîtra un renouveau avec la sortie du Pegasos et de son système MorphOS, puis avec la sortie de l’AmigaOne et d’AmigaOS 4. Ces deux systèmes, à l’instar d’Amithlon, ne pouvaient lancer que les applications “propres” (qui n’utilisent pas les puces) mais avaient aussi l’avantage d’évoluer et de proposer des nouveautés. Mais comme les machines n’étaient pas des super-calculateurs, même si elles étaient relativement véloces pour l’époque (600 MHz pour le G3 du Pegasos I par exemple, qui passera à 1 GHz pour le G4 du Pegasos II qui aura en plus l’Altivec), l’émulateur Amiga UAE permettait de faire tourner ces vieux jeux de manière honnête mais il ne fallait pas s’attendre à lancer des jeux pour Amiga 1200 un peu boosté, voire certains jeux Amiga 1200 de base.



Petit à petit, les machines accueillant AmigaOS 4 et MorphOS ont pris de la vitesse, mais l’émulation Amiga était toujours un peu juste, il manquait toujours un petit quelque chose… Et ce petit quelque chose, c’était le JIT. Disponible pour les possesseurs d’ordinateurs à base de x86, ce JIT x86 ne pouvait malheureusement pas être réutilisé puisqu’il était et est toujours spécifique à ce type de processeur, qui ne fonctionne pas du tout de la même façon que les PPC, qui eux font fonctionner les AmigaOne et autres… Et si MorphOS et AmigaOS 4 ont eux aussi un JIT (respectivement Trance et Petunia), ceux-ci ne pouvaient pas non plus être adaptés à UAE (et là, j’avoue que je ne sais pas trop pourquoi, sans doute que le JIT d’UAE ne traite pas uniquement que les données du processeur 68k…). Il fallait par conséquent se relancer dans un développement quasiment de zéro, ce qu’aucun n’a voulu faire même lorsqu’un bounty (une cagnotte faite par les utilisateurs qui revient au développeur qui aura rempli le cahier des charges écrit au préalable) a été créé en 2009. Avec pas loin de 3000 EUR à la clé, personne ne voulait s’y atteler. Il faudra attendre début 2011 pour que Álmos “Rachy” Rajnai se porte “volontaire”.
Initialement prévu pour être terminé fin février 2012, il lui aura finalement fallu près de 4 années pour venir à bout de ce projet titanesque. Álmos avait tout de même un petit avantage par rapport aux autres, il était l’auteur de Petunia, le JIT d’AmigaOS 4 !


Résultats des courses ?

Tout d’abord, sachez que SysInfo, qui permet d’avoir quelques informations sur son Amiga, et qui fait aussi un petit calcul du nombre d’opération à la seconde, donne un processeur 68020 à 10 Mips sans JIT contre un processeur 68020 à 88 Mips avec le JIT ! La différence entre les deux est, par conséquent, déjà plus qu’évidente sur mon PowerBook G4 à 1,67 GHz. Pour ce qui d’un Mac Mini G4 à 1,33 GHz, celui de ACE pour ne pas le citer, il tourne à près de 66 MIPS, ce qui est plus qu’honorable et ce qui rend le tout enfin utilisable.




Autre sentiment, le boot d’un système complet semble nettement plus rapide et surtout l’utilisation du Workbench émulé est d’une fluidité quasi parfaite (j’utilise un Workbench en AGA en 640x480) et surtout bien meilleure qu’avant.

Pour être totalement sûr de mon coup, je lance AlienBreed 3D avec E-UAE sans le JIT… Outch, que c’est lent, je ne sais même pas si j’atteins les 5 FPS… Comparons avec la version JIT… Nom de Zeus ! C’est fluide, probablement pas très loin de 30 FPS ! Et le résultat est encore plus saisissant avec AlienBreed 3D II qui est enfin jouable ! Ce qui est étrange, puisque la DEL (oui Diode Électro Luminescente en bon françois, ou bien LED si vous préférez…) dédiée au JIT reste rouge, ce qui signifie que celui-ci n’est pas activé… Étrange, et surtout tout bonnement incroyable. Le constat se répète avec d’autres FPS comme Breathless. Bien évidemment, le JIT ne permet pas de faire des miracles puisqu’il ne fonctionne qu’avec un processeur 68020 et plus.

De ce fait, les jeux n’utilisant pas ces processeurs ne tirent pas parti du JIT. Malgrè cela, il faut avouer que le JIT apporte un souffle nouveau à l’émulation Amiga sur ordinateurs PowerPC, et notamment sur AmigaOne/Sam/Pegasos/Mac PPC !

Une petite astuce importante à noter : si vous utilisez MorphOS et que vous trouvez que votre E-UAE JIT se traîne, allez télécharger la version compilée par Fabien “Fab1” Coeurjoly qui est disponible sur http://fabportnawak.free.fr ! La différence entre sa version et celle disponible sur le Sourceforge officiel est d’un facteur de 2 ! D’autre part, si vous utilisez un portable sous MorphOS et que vous utilisez la version de Fab1 et que ça continue de se traîner, vérifiez que vous avez bien l’alimentation branchée. En effet, MorphOS gérant assez efficacement l’énergie, il réduit par défaut la puissance utilisable sur les portables qui sont sur batterie. Par conséquent, soit vous allez bidouiller dans les préférences de MorphOS soit vous remettez le fil à la patte de votre portable !


J'ai également testé UAE JIT sur mon Mac Mini, qui est tout de même légèrement overclocké et tourne à 1,75 GHz (il s'agit également de la version qui possède 64 Mo de mémoire vidéo) et les résultats sont identiques à ceux obtenus avec le PowerBook. La sensation de vitesse est là aussi bien présente mais il faut reconnaître que certains jeux n'aiment pas trop le JIT et se trouvent, aussi étrange que cela puisse paraître, plus lent ou avec des saccades sous UAE JIT et tournent parfaitement avec la version sans JIT (je pense notamment à SlamTilt). Pour ce qui est de SysInfo, le nombre de MIPS obtenu est proche de celui obtenu avec le PowerBook, à savoir 84,3 en mode fenêtré sans overlay (pour pouvoir faire les captures d'écran) contre 88 pour le PowerBook. Toutefois, le Mac Mini monte à 88 MIPS en plein écran avec l'overlay activé ! Je ne saurais expliqué cela mais c'est un fait intéressant à noter.


Le mot de la fin !

Comme écrit en titre, UAE est désormais magJIT, voire magique avec le JIT ! C’est désormais un vrai plaisir d’utiliser son Amiga émulé sous MorphOS. Personnellement, j’ai réinstallé un OS 3.1 de base qui se lance sans rien de plus pour pouvoir utiliser iGame et ainsi lancer de manière “transparente” les jeux WHDLoad notamment.
J’ai aussi installé les scripts Ambient disponibles dans l’archive d’E-UAE MorphOS afin de simplifier toujours plus le lancement d’ADF ou autres exécutables 680x0 !


En plus de ces scripts qui me permettent de lancer UAE de manière "invisible", j'ai aussi créé des icones qui me lancent les configurations souhaitées afin d'arriver sur le WB de mon choix (dont un clone de mon A600 et de son HD de 20 Mo ^^) ainsi que des raccourcis vers les répertoires qui font office de disque dur pour UAE afin d'avoir facilement accès à ceux-ci et de pouvoir y copier facilement mes exécutables et autres. Ce qui est pratique, c'est que la copie de fichiers dans un de ces répertoires/disque dur est immédiate et le fichier est disponible instantanément sous UAE. Royal !

Comme dirait l’autre : “C’est rien que du bonheur !”.


Sites internet :
http://euaejit.blogspot.fr/

Guide d’installation d’E-UAE sur MorphOS, très détaillé (en anglais) : E-UAE_installation_on_MorphOS.pdf (ce guide est aussi valable pour la version
JIT)

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/me a trouvé l'astuce qui lui permet de se connecter à Blogger avec OWB MorphOs ! Youhou !



Billet posté le 31 janvier 2017
(paru initialement dans le n°56 d'Amiga=Power (septembre 2015)

mardi 25 octobre 2016

[AMIGA] Pegasos 2 et Blogger fonctionnels !



Quasiment un an jour pour jour après mon dernier post ici, voilà que je remets le couvert avec un petit billet, qui sera petit mais qui, je l'espère, sera annonciateur d'un renouveau... Même si je me connais et qu'il y a peu de chance que ce blog devienne un truc mis à jour ultra régulièrement !

Pour faire bref, je vais essayer de vous résumer cette histoire qui avait bien commencée il y a de cela un an et demi, en juin 2015. Après un post dans une actualité du site d'AmigaImpact dans lequel je disais regretter mon Pegasos 2, un ami a eu la douce et heureuse idée de me céder gracieusement une carte-mère de Pegasos 2 qui devait être fonctionnelle (et qui avait appartenu auparavant à SoundSquare, pour ne pas le nommer ^^). Quelques mois plus tard venait l'Alchimie et la remise en main propre de la bête. J'avais pu profiter de ces quelques mois pour acquérir tout le matos qui allait habiller cette carte-mère (à savoir de la mémoire, une carte graphique Radeon 9000 Pro avec 128 Mo de mémoire qui n'en aura finalement que 64... un disque dur de récup',  tout le reste sera repris de mon Mac Mini qui était parti chez un collègue MorphOSien qui en prenait soin).

Mais l'aventure ne faisait que débuter !

En effet, il me faudra encore attendre l'Amigâteries du début d'année 2016 pour réussir à faire repartir la bête grâce à des tests poussés en faisant des greffes des pièces du Pegasos 2 de Huno sur le mien afin de déterminer ce qui ne fonctionnait pas chez moi. Après avoir enfin vu le Firmware, je n'avais pas pu aller plus loin car mon disque dur et mon lecteur CD n'était pas vu par ledit firmware... On avait avancé mais la route allait encore être longue !

Le miracle arrivera finalement quelques jours plus tard puisque le souci venait de la nappe IDE que j'utilisais. En la changeant, je voyais mon disque dur. C'était enfin bon !? Eh bien non... Mon clavier USB n'était pas reconnu dans le firmware... j'ai donc du acheter un clavier PS/2 dans un vide-grenier... Avec un clavier reconnu, je pouvais enfin paramérer le firmware et booter, ouf ! J'en profitais pour recopier l'intégralité du MorphOS de mon Powerbook et rulez ! 
Mais comme je n'avais pas dit mon dernier mot, je voulais aussi installer AmigaOS 4.1 dessus. Et comme j'avais acheté le CD d'AmigaOS 4.1 Final Edition, je pensais que cela allait être d'une facilité déconcertante... Mais non... L'USB interne n'était pas reconnu par AmigaOS 4.1, j'avais des plantages aléatoires et l'installation était super longue... Las, je mettais la machine de côté, me disant que j'irais faire un tour chez CrashMidnick à l'occasion pour tester tout ça...

Chez Crashou fin août, on en est arrivé à la conclusion que le souci venait du firmware... On a alors demandé à bPlan s'ils pouvaient nous envoyer une mise à jour, ce qui a été fait très rapidement. Une fois la mise à jour reçue et installée, mon vieux clavier Mac USB était enfin reconnu dans le firmware (adieu vieux clavier moche en PS/2) et surtout l'USB qui était enfin initialisé sous le firmware était aussi reconnu sous OS4 ! Yeah !



La fin de cette petite histoire se passe lors de la MicroAlchimie de ce week-end. Avec l'aide et les conseils des participants, notamment K-L à qui j'ai bien cassé les pieds, j'ai finalisé/fignolé mon installation d'AmigaOS 4.1 et surtout, j'ai eu la surprise de voir que la version du navigateur internet Odyssey Web Browser (OWB) d'AmigaOS 4.1 permettait de se connecter sur Blogger, ce que ne permet plus la version de MorphOS ! Et voilà comment je reposte ici.

On verra si cela aura une quelconque incidence sur la vie de ce blog, mais au moins j'ai de nouveau accès à l'interface administrateur et je peux donc poster ! Youhou ! Pour le reste, je ferais un article pour le numéro 58 d'Amiga=Power, que je mettrais en ligne ici plus tard, une fois le 58 paru ! 


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/me a enfin la possibilité de poster ses billets, et s'aperçoit qu'il a un brouillon en attente depuis plusieurs mois...

Billet posté le 25 octobre 2016

lundi 26 octobre 2015

[AMIGA] Montage de ma petite config' A1200... il y a dix ans !


J'ai retrouvé, dans les méandres de mon disque dur, un article que j'avais écrit pour le fanzine Amiga=Power en 2004 ! Eh oui, il reste des jolies choses sur mes disques durs, quand je ne les efface pas en croyant qu'une sauvegarde traîne ailleurs (alors qu'il n'y a pas de sauvegarde...).

Bref, voici un petit moment nostalgie qui montre que les choses ont un peu évolué en dix ans et les moyens de ressusciter un Amiga 1200 ne manquent plus désormais. Petit coup d'oeil dans le rétro !




Je vais vous conter une histoire qui doit être assez courante, mais que peu de personnes racontent cependant.ce que je vais essayer de faire, histoire de rappeler les quelques petits soucis auxquels j'ai eu à faire face, et comment je les ai surmontés. Et je vais accompagner tout cela d'un soupçon de photos et le tour sera joué. Allons donc marcher dans les pas des anciens Amigaïstes des années 1990, redécouvrons l'Amiga, le seul et l'unique, celui de Commodore !



Le commencement :

Il faut un point de départ à toute histoire, et le mien a été de retrouver ma carte accélératrice Mtec 1230/42 RTC. Je me suis dit que j'étais bête de laisser traîner tout mon matos inutile chez moi alors que j'avais de quoi remonter une config' A1200 complètement. En effet, il ne me manquait qu'une carte-mère.

L'affaire était donc lancée et n'allait plus s'arrêter, l'objectif étant de me remonter un 1200 à l'identique de celui que j'avais début 1997, c'est à dire un A1200 avec carte accélératrice 030, 8 Mo
de Ram et un petit disque dur. Le but, après réflexion de ma part, était d'en faire une machine WHDLoad, petit logiciel auquel je suis enregistré depuis 3 ans maintenant et que je conseille à tout le monde. WHDLoad, c'est le petit soft des Amiga costauds :-)

Pour continuer mon aventure, il me fallait par conséquent une carte-mère d'A1200 et, si possible, sans rien d'autre car à quoi cela m'aurait servi... C'est là que les choses se compliquent de manière assez dramatique car plus aucun revendeur ne vend d'Amiga 1200 tout seul (il paraît que Vesalia a des stocks de 1200 américains, mais je n'en sais pas plus). En fin de compte, je suis passé par eBay et j'ai acheté un 1200 Grand-Breton avec HD, deux souris et deux pads ainsi que quelques jeux originaux pour pas cher. D'ailleurs, je conseille à ceux qui veulent acheter du matos Amiga sur eBay d'aller sur eBay.de ou eBay.co.uk, ce sont de véritables cavernes d'Ami Gaga là-bas. Bref, j'avais enfin de quoi commencer à remonter cet ordinateur qui me permettrait enfin de rejouer à mes vieux jeux sans jouer au grille-pain et sans problème de compatibilité grâce à WHDLoad.


Début des hostilités :

À la réception de la bête, j'ai déjà été embêté... En effet, venant d'Angleterre, l'alimentation n'était pas aux normes françaises et je ne pouvais du coup pas la brancher. Je suis donc aller faire le tour de ma ville à la recherche d'une prise à monter. Finalement, j'ai trouvé mieux que ça, un adaptateur prise GB
-> prise FR au "Monoprix", comme quoi. Je pouvais alors enfin installer mon système et booter sur le HD. C'est là que je vis à quel point j'allais galérer avec ce 1200... En effet, la machine ne démarrait pas du premier coup et j'avais droit à un bel écran jaune en lieu et place de l'early startup-sequence. Pas de panique chez l'Amigaïste de base qui connaît le coup du fil rouge de la nappe (on le coupe pour les HDs qui s'initialisent trop vite et qui ne sont ainsi pas reconnu par le système). J'ouvre alors la bête pour apercevoir un blindage rouillé et un HD fixé au scotch, plutôt "pas glop" comme méthode. Et là, c'est la stupéfaction quand j'aperçois que le fil rouge est déjà sectionné... Le soucis ne vient donc pas de là. Comme dirait Mulder : La vérité est ailleurs. Restant perplexe face à ce souci, je décide de relancer la bête et de lui faire ensuite un reboot à chaud au moment de l'écran jaune, et ça fonctionne. Voici donc un problème à moitié résolu.

Maintenant, je peux envisager de passer au WB 3.9 BB2 dès que j'aurais reçu mes roms 3.1 commandés chez APS avec un petit HD 2"1/2 de 20 Go pour installer tout ça, sans oublier une petite carte ethernet PCMCIA pour utiliser ma connexion internet haut-débit via le routeur. Le passage aux roms 3.1 a résolu le problème du boot et de l'écran jaune, et je ne sais pas pourquoi. Ensuite, j'ai installé un WB 3.1 depuis le lecteur de disquette, à l'ancienne quoi. Pour le HD, j'ai été obligé de me contenter de 20 Mo au départ (je n'avais pas envie de trifouiller les paramètres HD), mais tout est rentré dans l'ordre quand j'ai utilisé le HDToolBox de l'OS3.9.


Nettoyage de printemps :

Avant de l'emmener faire sa première sortie, je me suis dit qu'il fallait que je le chouchoute un peu et que je le fasse un peu reluire. Pour cela, je devais déjà changer le clavier anglais et voir ce qu'il me
restait de mes coques d'A1200 (sachant que j'avais eu deux Amiga desktop que j'avais passé en tour, il devait me rester de la pièce détachée). Et en fouillant chez moi, j'ai retrouvé la coque de mon 1200 Escom quasi neuve, avec la nappe pour le HD et le blindage tout joli lui aussi. J'ai donc procédé à une greffe qui a parfaitement prise, et j'en ai profité aussi pour nettoyer le tout. Voici ma technique personnel pour que les plastiques reviennent à neuves : j'ai tout nettoyé à l'alcool à 70° avec de la ouate et des coton-tiges. Ces derniers permettent d'aller dans les coin et recoin, et permettent aussi de nettoyer le clavier, qui en avait bien besoin. Pour nettoyer la CM, rien de mieux qu'une bombe d'air sec. Temps de l'opération : deux heures.

Maintenant que j'ai un joli 1200, je peux le sortir et l'emmener chez des amis afin d'y installer le 3.9. Et le passage délicat, quand on a un 1200 Oldschool, c'est bien d'installer le 3.9 qui est sur CD or les Amiga Oldschool n'ont pas de lecteur CD... ce qui est un peu problématique. Et comme je voulais faire ça uniquement avec les moyens du bord, je suis allé voir des amis qui ont eux aussi un 1200 avec carte réseau. Et c'est là que j'ai découvert les charmes de Envoy et sa simplicité. Grâce à lui, j'ai monté les partitions de mes amis sur mon petit WB 3.1 en deux clics et j'ai fait un bête copy via le
shell. Mais c'est là qu'un autre souci est apparu. Envoy ne copiait pas tout. Alors, on a essayé de copier de leur machine sur la mienne, et là tout à rulez ! Donc, Envoy envoie mieux qu'il ne reçoit ;-)

J'ai par conséquent fait une copie de leur système sur mon HD, simple mais efficace. Toutefois, si vous désirez partir de quelque chose de neuf, vous pouvez également monter le lecteur CD d'un ordinateur grâce à Envoy et ensuite faire l'installation sur votre Amiga Oldschool ! À noter qu'Envoy fonctionne désormais sur Pegasos/MorphOS avec la dernière mise à jour qui est disponible sur Aminet.


Dernier round :

Me voilà donc avec un 1230 Desktop tournant sous AmigaOS 3.9 Boing Bag 2 (Boing Bag étant le nom donné aux mises à jour du système, en référence à la célèbre démo) avec 4Mo de ram (afin que la carte PCMCIA soit reconnu, il ne faut pas plus de 4Mo sur la carte accélératrice... un problème connu des Mtec). Je commence alors à essayer de lancer différents jeux grâce à WHDLoad et je me rend compte que ma faible mémoire est un handicap plus que majeur car quasiment aucun jeu ne se lance... La galère continue donc... Deux options s'offre alors à moi, utiliser 8 Mo et ne pas avoir de carte PCMCIA, ou bien récupérer une carte 68030 Blizzard de chez Phase 5. À force de fouiner sur le net, j'ai trouvé une Blizzard à pas chère avec ses 32 Mo de mémoire. À la réception du colis, je remonte tout cela dans mon desktop, et là, je vais enfin pouvoir utiliser Blizkick, remapper la rom en RAM (ce qui consiste à copier le "bios" de l'Amiga et une partie du système qui se trouve sur des
puces directement dans la mémoire de l'Amiga, ce qui permet un gain de vitesse non négligeable) et tout le tuttim. Mais non, je ne peux pas. En effet, Blizkick refuse de se lancer, car la carte n'est pas bien configurée, pourtant, j'ai bien ôté tous les jumpers de cette @#?!#@ de carte. En regardant celle-ci de plus près, je vois que l'ancien propriétaire ne devait pas avoir de jumper... il a plié les pattes afin quelles fassent contact !! Je passe donc un petit coup de tournevis magique [attention moment érotique en approche], afin d'écarter ses pattes, [/fin du moment érotique ^^]. Tout est alors rentré dans l'ordre et mon 1200 tourne du feu de Dieu désormais. Un vrai Amiga OldSchool, spécial WHDLoad et vieilles démos.

Depuis, je lui ai récupéré un moniteur 1930 multi-sync, et j'ai désormais de la place sur mon WB. Par contre, j'ai aussi récupéré un scandoubleur Micronik (qui permet de doubler la fréquence vidéo de sortie de l'Amiga pour pouvoir le brancher sur des écrans autres que des vieilles TV et autres écrans à 15 KHz, ce qui permet d'afficher son système et ses jeux sur un écran VGA voir un écran plat qui accepte du 30 KHz en entrée) , mais celui-ci ne se monte pas sur ma CM, la faute à un des composants qui coince sur la prise clavier du migouze. Bref, je n'ai peut-être pas eu de chance, mais la route est longue quand on veut remettre les mains dans le cambouis du début des années 90, mais quel plaisir quand on a fini. D'ailleurs, la tendance semble assez forte, puisque de nombreuses personnes qui sont passées sur les machines de nouvelle génération (AmigaOne et Pegasos) se remontent des Amiga de base AGA. Nostalgie, quand tu nous tiens.


Cet article a plus de 10 ans et on se rend compte que j'en avais quand même pas mal bavé à l'époque pour me remonter cette petite configuration, que j'ai toujours d'ailleurs. Je lui ai depuis ajouté quelques bonus comme une carte USB Subway (qui ajoute deux ports USB 1, bien pratique pour tout ce qui est transfert de données via une simple clef USB formatée en FAT32, format lisible partout que ce soit sur un PC sous Windows ou Linux, un Mac et bien évidemment un Amiga ou tout autre dérivé, je pense notamment à MorphOS et AROS), une carte PCMCIA en Wifi a pris la place de la carte ethernet et un scandoubleur/flickerfixer Indivision MK2 est venu se loger dans le 1200. Ce dernier m'apporte à la fois une sortie DVI et une compatibilité avec les écrans plats ! Bref, du bonheur.  

Par contre, si une telle aventure devait se reproduire en 2015, les choses seraient forcément différentes et surtout beaucoup plus faciles même si cela peut paraître étonnant. Toutefois le développement matériel a été assez prolifique ces dernières années et des solutions logiciels et système assez complètes ont aussi été développées. Mais ceci fera sans doute l'objet d'un prochain billet sur ce blog.

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/me utilise toujours cette petite config' mais va voir pour remplacer le 030 par un 060 ! Youhou !

Billet posté le 26 octobre 2015
(paru initialement dans le n°28 d'Amiga=Power (mi-2004)

mercredi 5 novembre 2014

[AMIGA] Point cassé 2005... presque dix ans !




En fouillant dans les couloirs du temps... euh... dans les arcanes de mon disque dur, j'ai retrouvé cet article que j'avais écrit sur la route qui me ramenait de la BreakPoint 2005, une énorme demoparty qui avait rassemblée plus de 800 demomakers en 2005. Cet article a été écrit pour le numéro 31 d'Amiga-Power, le fanzine Amiga qui existe toujours et qu'il est bien ! Allez, coup d'oeil dans le rétro, en sachant que nous ne sommes finalement jamais retournés à une BreakPoint mais que notre démo tuait quand même bien sa génitrice même si ces enfoirés d'orga ne l'ont pas passé ! Quel teasing, n'est-ce pas ? ^^



Aliens ate my demomaker, aka la BreakPoint 2005

La BreakPoint, enfantée par la MekkaSymposium, avait donné le ton l'année dernière avec un "revival" de la scène Amiga. Rappelez vous de la Silkcut de TBL qui avait mis les démos PCs au rang de simples codes d'amateur. On en attendait pas moins de cette version 2005 organisée par le groupe le plus en vogue sur PC ces trois dernières années, je vous parle bien évidemment des Farbrausch (ex Artwork). Désormais passé du côté de l'organisation, ils avaient décidé d'en mettre plein la vue. C'est donc dans ce contexte que la petite troupe des PuReLaM3Rs a décidé d'aller tâter le terrain teuton. Let's go to the Party !


Flying Saucer, la salle de Bingen

Après avoir préparé le sac et les petites affaires, direction les retrouvailles avec WickedVinz & slobman. Malheureusement, notre Bigdan national a été déclaré forfait avant le match (résultat final = Guêpe : 1 ; Bigdan : 0). Après avoir chargé l'unique première voiture de matériel (Flat screen rulez), nous avons mis le cap sur Nancy pour retrouver TP qui venait tout droit de la capitale. Arrivé à Nancy, nous avons rempli la deuxième voiture de victuailles équilibrées et nutritives pour tenir lors de ce week-end pascal : pistaches (6 paquets), noix de cajou (4 paquets), faux Pims (6 paquets), stackers (6 paquets), tucs (5 paquets), Panettone, pain d'épice, petits pains, crunch et autre Toblerone. Bref, de quoi tenir un siège... de WCs ;) Finalement, nous sommes arrivés à Bingen le Jeudi soir vers 21 heures. Et là, quel ne fût pas notre grand étonnement de voir déjà plein de monde installé. Nous pensions passer la nuit dans les autos, et finalement, nous avons pu nous installer et profiter de la moquette (la fluffy carpet comme ils disaient) et du confort de la salle sans payer. En effet, les orgas ont eu la bonne idée de faire payer tout le monde le lendemain 14 heures en vidant la salle de ses occupants. Premier tour du propriétaire et les remarques sont plutôt élogieuses. En effet, de la moquette était posé par terre (avec autorisation de marcher en chaussettes, c'était même conseillé). De nombreuses toilettes étaient également de la partie, tout comme de nombreuses douches. Il faut dire aussi qu'il s'agissait d'un palais des sports quelque peu aménagé. Le Sportzentrum de Bingen est devenu l'espace d'un loooong week-end un véritable champs de bataille pour demomakers acharnés. L'architecture de la salle a d’ailleurs laissé quelques traces dans les démos présentés. Cette dernière ressemblant fortement à une soucoupe volante, les blagues et autres calembours sur les E.T.s ont été légions, aidé aussi par le sous-titre de cet édition 2005 (voir titre de ce billet). Enfin, pour éviter de faire à manger à plus de 800 personnes, les orgas avaient décidé de faire appel à trois baraques "à frites" ambulantes, dont une spécialisée dans la crêpe et le café.


Une party en dehors de la party

Comme certains l'arboraient fièrement sur leur T-Shirt, "The real party is outside" (la vraie partie est à l'extérieure). Cela signifie notamment qu'au lieu de coder et d'être créatif, nombreux furent ceux qui sont venus se désaltérer au coin d'un feu tout en buvant de la "bonne" bière allemande, ou plus, tout en fumant des cigarettes, ou plus. Bref, le véritable esprit des demomakers étaient en eux, bien loin de celui que je continue de me faire de ce doux passe-temps. Autre point sympathique de la part de l'organisation, il était interdit de fumer dans la salle principale, ce qui n'a pas empêché certains de nous enfumer quand même, mais cela a été anecdotique, et le bon air ambiant a été apprécié. À côté de cela, les festivités ont été de mises avec de nombreux concerts et autres joyeusetés. Niveau concert, nous avons eu droit au "David Hasselhoff Big Band" (photo ci-dessous à droite) qui nous a joué des remixes de musiques de jeux sur fond de vidéo du bel américain. Et pour le finish, ils nous ont gratifié du générique de K2000 ! Nous avons eu droit le samedi au groupe "Bass" qui porte bien son nom, puisqu'ils sont spécialisés dans la musique contenant beaucoup de... basses. Nous avons aussi eu "UltraSound", un groupe jouant des musiques de démos sur de vrais instruments de musiques. Enfin, ce fût au tour des "Pornophonique". Ils nous ont enflammé avec des mélanges guitare et GameBoy, joué sur fond de films "pornosofts" tout pixellisés. La BP a également accueilli les "Scene.org Awards 2004", les oscars de la scène européenne. Le seul groupe Amiga nominé a été TBL grâce à leur Silkcut présentée ici même l'an dernier. Nominé deux fois, ils n'ont cependant rien remporté. Les PCïstes ont donc logiquement raflé le tout. Tout cela a été entrecoupé de diverses annonces micros avec un "jingle" bien prise de tête sur la longueur. Trois finlandais bien éméchés nous ont même gratifiés d'un match de lutte gréco-romaine en tenue d'époque sans huile, c'est à dire nus comme des vers, qu'ils n'avaient pas très longs d'ailleurs (l'alcool semble faire des ravages sur les parties masculines). Petit regret, l'écran géant, mais vraiment géant, genre 8x8, n'a servi à rien sauf pour les projections des productions de cette année. Il aurait été sympathique de passer des démos plus anciennes voire repasser les productions dans la nuit. Un si bel écran inutilisé, c'est du gâchis.


Les PuReLaM3Rs se tuent à la tâche

Bien décidé à ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien, mais aussi pour passer sur ce splendide écran géant devant 800 personnes, la team de choc que nous formons a eu envie de faire une production digne de ce nom. Pour commencer, nous avions dans l'idée d'utiliser la pistache comme axe conducteur de notre démo (il suffit de remarquer qu'on s'est envoyé cinq paquets en 3 jours), le tout sous Karate, le moteur de démo de Sensei Krabob. Pour cela, j'ai pris un cours en accéléré de Lightwave et même de Karate, puisque j'étais le dernier des glandeurs avant et que je me suis enfin décidé à être productif (avant, on me m'était au générique pour ne pas me faire de peine ;D ). Après ces deux cours intensifs, j'ai été capable de modéliser une pistache en 3D et ensuite de la faire s'afficher dans Karate avec une texture et un scroll-text, y'a pas à dire, Karate s'est facile d'accès ;-) Pendant ce temps là, Wick & slob s'attelaient au script de la démo et TP s'est occupé des graphs 2D. Nous avons même momentanément accaparer bLa pour qu'il insère des samples de voix Amiga fait avec Say sous AmigaOS4 dans un module de nOOr (notre musicos). Pour la petite histoire, nous avons utilisé un A1230 pour créer les palettes avec PPaint, un Pegasos I pour faire le script principal, un Pegasos II pour la modélisation sous Lightwave, un AOne et son OS4 pour les samples de Say et enfin un PC portable sous WinUAE pour faire tourner DigiBooster Pro. Une véritable démo d'Union Sacré, c'est pas beau ça ? Mais voilà, tout ne s'est pas passé comme dans un rêve... Nous avons attendu avec anxiété notre bébé lors de la projection des démos Amiga. Nous avons cru passer après les MadWizards et leur démo sur Pegasos, mais ce fût les TBL. Et après les TBL, c'était... "The End"... L'incompréhension fût alors totale dans nos rangs car l'organisation ne nous avait nullement prévenu. Wick & slob partirent à la recherche d'une explication tandis que moi, je cherchais une réponse sur l'IRC dédié à la party. La réponse fût quelque peu confuse puisqu'on nous reprocha que la démo ne se lançait pas "simplement" et qu'elle ne quittait pas. En effet, l'icone de la démo était en PNG (nous espérions que celle-ci passerait sur un Pegasos) et ne se lançait que depuis le WB. Or, les orgas semblaient préférer le shell sans startup. Bref, la démo n'est pas passée, moche non ? Déception totale, mais cette démo reste dans nos cartons pour une release dans une party prochaine (elle sortira finalement à la HunoParty de la même année), refaite ou non on le sait pas encore, mais il est sûr qu'elle comportera une petite note sur la BreakPoint.


Breakpoint enlarge your productions

Outre notre défection bien involontaire, des démos et autres productions plus ou moins artistiques ont vu le jour pour célébrer cette démo party. Les graphs furent très nombreux (une petite trentaine) et il y en a eu des très jolis. Mon coup de coeur va clairement pour la "the tin drum" de Noize (Kolor, dessin ici à gauche) et la "Sex, Monster and Detail" de Helge (Haulobb), cette dernière ayant logiquement remportée la catégorie "Freestyle graphic". À noter aussi le magnifique dessin "Until it sleeps" de Leon fait sur C64 grâce à "Amica Paint" (dessin ici à droite) et qui a remporté la compétition "C64 graphic", vraiment splendide !!

Au niveau musique, les productions ont également été foisonnantes avec 4 catégories (Tracked, Streaming, Executable Oldschool et Executable Newschool). La qualité de la musique ne m'a pas sauté aux oreilles, et comme me le souffle Wicked, la qualité était quelque peu allemande, c'est à dire avec des rythmes assez soutenus et d'une qualité moyenne. Quelques uns des morceaux sont toutefois sortis du lot dont la "Elektronische Musik" de Paniq en stream ou encore la "Alive" de Useless & Slummy (Spaceballs) qui utilisait des samples de guitares mais qui termine à la septième place. On peut aussi remarquer la "I love my C64" qui gagne dans la catégorie "Executable Oldschool".

Du côté original, la catégorie "96k Game" fût une véritable bonne surprise. À côté du très pipi-caca "Presswurst 3D", au sens premier du terme, deux perles ont émergé. Tout d'abord "Lotus 96k", un remake de Lotus qui pèse donc 96 ko et le tout sur Amiga !!! Le même que l'original, avec les 33 circuits de l'original, sans musique mais avec bruitage, et avec son mode deux joueurs. Petit détail marrant, on a pu assisté au "decrunch" classique de l'Amiga sur écran géant, celui en arc-en-ciel. Bref, tout bonnement excellent. Autre jeu qui a fait forte impression, "Fist of Fire". Il s'agit d'un shoot'em up à la R-Type/Project X. Il possède lui aussi un mode deux joueurs et de très jolis graphismes avec de jolis effets un peu partout. Malheureusement, ce dernier est un jeu PC.

Le "Console/Real wild" était aussi une catégorie original. Dans celle-ci étaient notamment présentés deux choses plus qu'intéressantes. Tout d'abord une démo faite sur "Pokémon Mini", la mini console à cartouche de Nintendo qui permet de jouer à Pokémon dans un style "Tamagochi". Pokeme, le groupe à qui l'on doit cette folie, a complètement désossé une "Pokémon Mini", a dumpé la rom bit par bit, a créé son propre kit de développement, et a finalement fait une démo sur cette dernière, en portant à leur manière la "Purple Motion" (lien vers la vidéo Youtube), une démo de 1993. Au menu de cette démo, on a pu retrouver du bump mapping, des animations, des tunnels, du voxel, du scrolling et bien d'autres, le tout en deux couleurs sur un écran minuscule. Résultat, ils ont gagné aisément et c'est amplement mérité. Autre démo intéressante, le pseudo émulateur Amiga pour C64 (lien vers la vidéo Youtube). En fait, il s'agit d'une animation au format C64 d'une démo Amiga, la célèbre "Laapsus". Ça fait bizarre à voir la première fois mais c'est amusant.

Dans la catégorie des "Stream Wilds", on a découvert trois nouvelles productions plus qu'intéressantes. Le vidéo clip "Memorize your Future" (lien vers la vidéo Youtube) de Neuro-Concept qui décroche plus que logiquement la première place. Au niveau conception, le montage a dû être énorme avec de nombreux effets tout simplement bluffants, une musique entraînante et tout ce qu'il faut pour ne pas se lasser durant les 4 minutes de projections. On a également eu l'occasion de voir une bande-annonce pour un potentiel futur jeu d'aventure sur Amiga du nom "Trip to BreakPoint" (lien vers la vidéo Youtube). Les décors, la musique et les persos sont assez funkys et le tout était présenté sous forme d'un petit clip. Maintenant, reste à savoir s'il sortira vraiment car on ne sait pas s'il s'agit d'un vrai jeu ou d'un montage. Enfin, Pokeme nous a montré comment ils avaient fait leur démo "Pokemon mini", le tout en vidéo et de manière instructive.

Il y a eu pléthore de démos PCs, mais comme cela ne m'intéressait pas plus que ça, je n'ai pas vraiment regardé, en effet il s'agit généralement de scènes 3D jolies mais ennuyeuses avec des musiques "allemandes" (voir explication précédente). La démo de Farbrausch, la fr-045 (lien vers la vidéo Youtube), n'a pas été exceptionnelle, loin de là. Toutefois, la "195/95" de Plastic (lien vers la vidéo Youtube) qui a gagné méritait amplement sa victoire et se dégageait clairement du lot.

Passons maintenant aux choses sérieuses, et commençons d'abord par les démos C64. Ce vieil ordinateur de chez Commodore a toujours la cote auprès des demomakers et pas forcément que chez les plus vieux. Une petite dizaine d'intros 4k, d'intros 64k et même de démos étaient présentées ! Ça fait beaucoup de démos pour une machine aussi ancienne. La 4k qui a gagné, la "Pico!" était très bien (lien vers la vidéo Youtube), à voir sous émulateur de toute urgence. La démo victorieuse, la "RCC2005 Invitro" de RCC Team (pas de lien Youtube, faudra la télécharger et la lancer depuis un émulateur, désolé), quant à elle était amusante, mélangeant une animation d'un perso d'IK+ avec un karaoke en allemand que les demomakers nous ont chanté en live deux fois, une fois du fond de la salle et une fois sur la scène après leur victoire.

En "Fast démo", la victoire est revenu à Drifters avec leur démo en anim' d'ourson sur une musique rythmé, le tout joué sur un A1230. En deuxième place, on retrouve une démo PC très musicale avec des personnages dansants, et que personnellement, je trouve très fun.

Pour terminer, parlons enfin des démos Amiga. Dans les 4k (ce qui veut dire que les démos font 4 kilo octets, soit pas très lourd du tout !) Loonies l'emporte avec une très jolie démo intitulée "Noxie" et un objet en 3D parfaitement éclairé (lien vers la vidéo Youtube). La "LVIS" de Scarab était très bien elle aussi (lien vers la vidéo Youtube), je vous les conseille même toutes, c'est petit et léger à télécharger et c'est Amiga, donc c'est bien ;)

Pour ce qui est des 64k, aucune démo ne m'a particulièrement tapé dans l'oeil, et le faible nombre (4) ne penche pas en faveur d'une perle parmi le nombre. Toutefois, on peut noter une sympathique démo "MI05" de RNO, et le clin d'oeil de Scarab pour Scoopex avec une démo intitulée justement "Scoopex", sympathique aussi.

Enfin, parlons du Saint Grall, je veux bien sûr parler des démos Amiga !! Elles furent au nombre de 8 -1 (oui, la notre...) avec un tiercé inévitable et déjà connu d'avance. À côté de ces trois mastodontes, quatre démos plus simples. Une Drifter qui utilisa le même moteur que celle de la Fast démo, mignon mais pas original. Détail marrant, on a eu droit à une démo des hARDKORE lAMERz en collaboration avec Barbie. Enfin, il restait une démo de Funktion et une de Doom & Xeron. Mais elles sont loin du trio de tête qu'il reste. Voyons donc le podium maintenant.

Troisième, Madwizards ou Mawi pour les intimes avec "Glare" (lien vers la vidéo Youtube). Kiero, développeur MorphOS, en est le principal contributeur. Comme d'habitude, on reconnaît la patte de Mawi avec ses scènes très travaillées et au design si léché. Une bonne grosse démo qui tâche, un "must have" dans le petit monde du Pegasos, bref un incontournable pour tout possesseur de cette machine qui aime les démos. Reste à savoir quand elle sera disponible, car elle semble utiliser les derniers drivers 3D et l'API qui va avec. Vivement MOS 1.5 ;) Deuxième, les Loonies avec "Multiverse" (lien vers la vidéo Youtube), une démo 060 AGA mais compatible CGX & AHI (elle ne tournait pas sur Pegasos/MorphOS à l'époque, mais il faudrait testé à nouveau). Alternant des phases de scènes 3D réussies et de 2D, cette démo propose un zoom en continu façon TBL très réussi. Enfin, premier, il s'agit forcément de TBL avec leur "Ocean Machine" (lien vers la vidéo Youtube). Que dire si ce n'est qu'il s'agit d'une démo TBL au sens strict du terme, avec son plus que connu écran de chargement, ses scènes 3D totalement maîtrisées et sa musique si douce et agréable. À côté de cela, on peut tout de même noter de vraies nouveautés comme l'animation (enfin, elle était demandé à corps et à cri sur Pouet.net) du récurrent personnage féminin de leurs démos. En plus, ses mouvements sont accompagnés du mouvement de deux rubans du plus bel effet. Ils ont aussi ajouté des scènes 3D en voxel, et personnellement, je ne savais pas qu'on pouvait faire des arbres ou des décors autres que des paysages type "sol" de cette façon (et aujourd’hui, on fait tout en voxel, dont le très bon jeu de Housemarque, Resogun, ou le futur jeu de Ludovic Raynal dénommé 2Dark) . Bref, ils ont encore frappé assez fort pour encore gagner même si cette démo était plus courte et moins punchy que la "Silkcut".


Das wort der ende

Nous avons eu droit à une démo party exceptionnelle grâce à une organisation exceptionnelle elle aussi. Les toilettes sont restées propres pendant près de 4 jours malgré les nombreux passages de séants sur les cuvettes. Les projections n'ont souffert que de deux petits problèmes techniques vite résolus et l'ambiance a toujours été correcte même si le hongrois devant moi aimait mettre ses mp3s pleins de basses à fond à toute heure du jour et de la nuit... c'était difficilement supportable même avec les boules quies, qui elles étaient généreusement données par l'orga. Seul petit point noir, un prix d'entrée de 45€ EUR (sans les repas, juste l’entrée) et une route un petit peu longue. Mais cette dernière m'a permis de taper ce "report" sur le chemin du retour avec des phrases soufflées dans le creux de l'oreille par WickedVinz. Vous pourrez retrouver les démos sur Amiga Demo Archive ou encore sur Pouet.net ou bien le site de la BreakPoint 2005. Pour les photos, je ne saurais que trop vous conseiller le site LamersPhotos.free.fr, comme d'habitude ;)

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/me espère que ce petit bond de 10 ans en arrière vous aura plu !

Billet posté le 5 novembre 2014 mais écrit le 28 mars 2005 !